Outils d'accessibilité

Le Grand-Dauphin : le récit manuscrit d’un tour du monde (1714-1717).

Journal de bord du Grand-Dauphin

L’Hydro – Musée maritime de Saint-Malo a dernièrement acquis un témoignage majeur de l’histoire maritime malouine : Il s’agit du Journal de bord du Grand-Dauphin retraçant le deuxième tour du monde d’un navire malouin entre 1714 et 1717. Bien plus qu’un simple document nautique, ce récit offre un regard précieux sur les routes maritimes, les escales lointaines et la vie à bord à l’âge des grandes expéditions.

Un voyage hors du commun

Le Grand-Dauphin, construit à Saint-Malo en 1710, est armé par Guillaume Rouzier, figure majeure des voyages français vers l’Amérique espagnole et la Chine au début du 18ᵉ siècle. Après un premier périple achevé en 1713, Rouzier engage dès l’année suivante une seconde campagne, encouragé par les profits réalisés.

Le navire quitte Saint-Malo le 10 septembre 1714, salué par sept coups de canon. À son bord, 83 hommes d’équipage, commandés par le capitaine Louis-Hervé Dufresne, frère cadet de Sébastien Dufresne, décédé lors du premier voyage. Bien que l’Europe soit alors en paix, le bâtiment est équipé de 24 canons, la prudence restant de mise dans les mers lointaines.

Un journal de vie bien plus qu’un journal nautique

Rédigé par plusieurs officiers dont les écritures et l’orthographe varient, le journal dépasse largement le cadre technique d’un simple livre de bord. Certes, on y trouve les données de navigation (vents, routes, mouillages), mais aussi un récit particulièrement riche des escales, des ports et des terres rencontrées.
Cadix, Concepción, Lima, Macao, Canton, Batavia ou encore le Cap de Bonne-Espérance prennent vie à travers les descriptions des villes, des marchés, des populations, de la faune et de la flore. La vie à bord y est racontée sans fard : maladies, décès, avaries, échouage dans le détroit de la Sonde, réparations, relations commerciales parfois tendues, notamment en Chine.
Son acquisition s’élève à 23 750 €, financée par la Ville de Saint-Malo, l’association des Amis du musée maritime, l’association des Descendants des capitaines corsaires ainsi que le Ministère de la Culture (DRAC Bretagne) et la Région Bretagne dans le cadre du Fonds régional d’acquisition des musées.